Buffy

Buffy contre les vampires (Buffy the Vampire Slayer, parfois abrégé BtVS) est une série télévisée américaine en 144 épisodes de 43 minutes, créée par Joss Whedon. Elle raconte l'histoire de Buffy Summers (interprétée par Sarah Michelle Gellar), l'Elue chargée de combattre les vampires et les forces maléfiques.

Diffusions:

 

HISTOIRE : La série démarre en 1997 dans une ville du sud de la Californie, au sein d'un univers fantastique peuplé de vampires et de démons. Buffy Anne Summers, une jeune fille d'alors 15 ans, est La Tueuse (the Slayer en VO), une élue dotée de qualités athlétiques et d'une force exceptionnelles, chargée de combattre les vampires et les forces maléfiques afin de protéger le monde. L'action se déroule dans la ville de Sunnydale, se situant au dessus d'un des points de convergence des énergies maléfiques appelée la Bouche de l'Enfer (Boca del inferno, en espagnol). Entraînée par son Observateur, Rupert Giles, et secondée par ses amis du Scooby Gang, Willow et Alex, Buffy tente de mener a bien sa mission de Tueuse tout en essayant de vivre sa vie d'adolescente. Lycéenne le jour, Tueuse la nuit, elle cache sa double vie à son entourage, y compris sa mère. Un jour, elle rencontre Angel, un vampire avec une âme et tombe amoureuse de lui, sous la jalousie d'Alex, qui en pince pour la jolie Tueuse...

 

DISTRIBUTION DES ROLES :

  • Sarah Michelle Gellar (VF : Claire Guyot) : Buffy Anne Summers (saison 1-7)
  • Nicholas Brendon (VF : Mark Lesser) : Alexander Lavelle Harris (Xander en VO) (saison 1-7)
  • Emma Caulfield (VF : Marine Boiron) : Anya Christina Emmanuella Jenkins /Aud /Anyanka (saison 3-7)
  • Charisma Carpenter (VF : Malvina Germain) : Cordelia Chase (saison 1-3)
  • Marc Blucas (VF : Bruno Raina) : Riley Finn (saison 4-5)
  • Michelle Trachtenberg (VF : Chantal Mace) : Dawn Summers (saison 5-7)
  • David Boreanaz (VF : Patrick Borg) : Angel / Angelus (saison 1-3)
  • James Marsters (VF : Serge Faliu) : Spike / William Le Sanguinaire (saison 2-7)
  • Seth Green (VF : Franck Capillery) : Daniel "Oz" Osbourne (saison 1-4)
  • Amber Benson (VF : Laurence Crouzet) : Tara Maclay (saison 4-6)
  • Alyson Hannigan (VF : Virginie Ledieu) : Willow Danielle Rosenberg (saison 1-7)
  • Anthony Stewart Head (VF : Nicolas Marié) : Rupert Giles (saison 1-7)
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    LES THEMES DE LA SERIE :  Dans Buffy on découvre non seulement la vie d'une "Elue" désignée par Le Conseil Des Observateurs pour tuer les vampires et autres créatures du monde de l'enfer, ce qui rend la série intéressante pour certains et ridicule pour d'autres, mais on apprend aussi à vivre la vie d'une adolescente de 16 ans au début de la série, et on grandit avec elle, on affronte ses problèmes de jeune fille avec elle. C'est cela qui fait l'originalité de la série ; de plus, des personnages comme Alex et ses répliques très profondes ne font qu'accentuer le côté comique de Buffy. On peut donc donner comme principaux thèmes à cette série l'adolescence typique d'une jeune fille, toutefois différente à cause de / grâce à // cette malédiction jetée sur / ce don proféré à //cette Jeune Blonde élue pour libérer la Terre de ces pires créatures : Les vampires et les parfaits imbéciles ou les gens inquiétants que l'on peut croiser tous les jours quand on est au lycée. Ceci se poursuit à l’université.

     

    Un parcours initiatique :

    Il y a plusieurs grands thèmes qui sous-tendent les différentes saisons de Buffy.

    En premier lieu, BtVS raconte un parcours initiatique, celui d'une jeune fille qui sort de l'adolescence pour devenir une jeune adulte[5]. Chacune des peurs et des angoisses qu'elle doit affronter de saison en saison pour devenir adulte est emblématique d'un des membres de son cercle social :

    La spécificité de BTVS est de présenter ce parcours vers l'âge adulte sous la forme d'une épopée : Buffy mûrit à travers les épreuves qu'elle affronte en même temps que ses amis, selon un schéma tout à fait classique. On voit ainsi les thématiques se complexifier au cours de la série, devenant à la fois plus sombres, plus réalistes mais également plus profondes à mesure que Buffy quitte l'adolescence et son insouciance.

    La durée de la série va permettre à Joss Whedon et son équipe d'explorer à travers l'évolution de la psychologie des personnages les problématiques que nous avons tous eues en commun à ces périodes de nos vies. Les séries télévisées bénéficient sur ce plan d'une caractéristique hors de portée pour le cinéma qui sera rarement exploitée avec autant de verve avant Buffy.

     

    Carpe Diem : 

    Nous retrouvons dans cette série une devise qui cherche à s’exprimer dés le début par l’opposition des deux orchestrations du thème générique. L'une à l'orgue,sur le hurlement d'un loup, représentant le passé et les vampires; l'autre par un groupe rock représentant le présent et le punch de la tueuse. Le message est simple : ce n’est pas parce qu’on risque de se faire engendrer (dans le meilleur des cas) par le premier vampire qui passe qu’il faut perdre de vue ce pourquoi nous sommes là : Vivre ! Une fois les trois coups sonnés par les guitares de fin, le rideau se lève et le spectacle peut commencer…

    On découvre au départ, autour de l'élue, sur cette scène de théâtre improvisée, l'archétype des anti héros : un boy-scout avec des problèmes familiaux, une nerd à la sensibilité à fleur de peau, un bibliothécaire « à l'ancienne » au pays de la documentation numérique, auxquels viendront s'ajouter peu à peu tous les personnages qui seront rejetés par ce qu'ils considéraient être leurs clans (le vampire animé, la victime de la mode, le loup garou philosophe, etc.). Eux-mêmes, pour ne plus laisser la moindre ambiguïté sur la modestie de leurs origines, s'appelleront le « scooby gang ».

    Même si la promotion d’une équipe de perdants dans une Amérique qui ne veut que des vainqueurs semble très osée pour l’époque, c'est désormais avec eux qu'il faudra compter. La première chose que répond Buffy à la timide Willow lorsqu’elle lui demande conseil sur la vie est : « Carpe diem » qui signifie "saisie ta chance".

    Willow, qui au contact de Buffy, mélangera justice, vie et mort, génèrera une catastrophe sans précédent pour les Observateurs, interrompant le processus de transmission des pouvoirs vitaux de Tueuse en Tueuse. Alex, son meilleur ami, lui montrera à quel point le don de la vie, même lorsque celle-ci semble être celle d'un raté, peut être merveilleux.

    À la fin de la saison 6, interrogé sur le devenir du personnage de Willow, Whedon avouera à demi-mots qu'il s'agissait bien d'une prise de position contre la peine de mort ("ça ne sera pas sans conséquences graves..." annonce-t-il). Ceci poussera d'emblée, dans la septième saison, notre "Diane des cimetières" à une remise en question sur son humanité: Que transmettra-t-elle réellement aux élues qui vont suivre ? Le pouvoir de tuer ou la puissance de vivre ?...Un autre sujet très osé aux États-Unis.

    Le sang et la vie sont entremêlés dans la légende que nous raconte Joss Whedon; ils font le lien entre la raison et les sentiments. Il est évident que la métaphore du vampire qui mord entre la tête et le cœur pour s’emparer au passage de tout ce qui alimente notre désir de vivre y devienne un problème récurrent, pour ne pas dire omniprésent. Et notre poinçonneuse blonde acharnée, aidée de ses amis ratés, exclus des rangs de notre société, va se frayer à coup de lattes et de pieu un chemin vers la vie.

    Chacune des peurs qui nous empêche de vivre notre vie commencera à apparaitre par la petite porte au début de chaque saison, sous forme de plaisanterie, d'événement anodin, commencera à s'amplifier lorsque les personnages vont en vivre chacun une déclinaison. Puis elle finira par éclater au grand jour, autour de l'apocalypse, pour voir nos exclus l'affronter avec courage ! Même lorsque Anne cherche à s’enterrer dans une mort sans histoire, Buffy, face à un monde esclavagiste qui remplace la vie par des tâches répétitives ne tarde pas à refaire surface.

    Tel est le rapport de Buffy à la vie, à la mort, et à l’amour : Vivre les problèmes, y survivre, et encore vivre !

     

    Une série féministe :

    Joss Whedon a raconté a plusieurs reprise que l'idée de Buffy lui était venue car il en avait assez de voir, dans les films d'horreur, la jolie blonde se faire systématiquement attaquer par le monstre, et qu'il avait ainsi voulu renverser ce schéma. La toute première minute de l'épisode pilote en sera édifiante : C'est un garçon plein d'assurance qui en fera les frais !

    La dimension féministe de Buffy est en effet évidente : dans la série, ce sont le plus souvent les filles qui ont le pouvoir. Buffy, bien sûr, dont tout le parcours peut être lu comme un long processus d’empowerment (prise de conscience de son pouvoir, de son autonomie) face aux hommes et aux structures familiales ; mais également Willow qui devient une sorcière très puissante, Anya, l'ex-démone qui a plus de 1000 ans, et Dawn, sœur de Buffy, issue d'une boule d'énergie capable d'ouvrir les frontières entre les univers. La sorcellerie devient le symbole du pouvoir des femmes - ce qui renoue avec les origines des pratiques de sorcières. Le thème de l'homosexualité féminine est abordé de façon très ouverte lorsque Willow, la meilleure amie de Buffy, tombe amoureuse d'une autre fille, Tara, qui se joint à la chasse aux vampires et pratique la magie avec sa compagne. Il faut noter que cette relation est présentée comme normale, dépourvue de toutes les discussions et états d'âme malheureux que la représentation de l'homosexualité suscite dans des séries pour adolescent(e)s - le prototype étant le personnage de Jack dans la série Dawson. Willow et Tara sont heureuses, elles le chantent dans l'épisode musical de la saison 6 "Que le spectacle commence" (Once More, with Feeling) où est même représentée, quasi-explicitement, une scène de cunnilingus : une première dans une série pour adolescents.

    À côté, les seuls hommes ayant des pouvoirs sont des vampires, ou pour le moins des ennemis, et sont systématiquement vaincus. La septième et dernière saison est à cet égard exemplaire : le thème principal, annoncé dès le premier épisode, est le pouvoir ; et la saison met en scène une petite armée de jeunes filles, « tueuses potentielles » attendant d'être « appelées », aux prises avec le Mal absolu dont le bras droit est un ex-prêtre à la misogynie stupéfiante. Pour le vaincre, Buffy a l'idée de partager son pouvoir non seulement avec les potentielles mais avec toutes les jeunes filles de par le monde : « Êtes-vous prêtes à être fortes ? » demande-t-elle. Le message est clair : après avoir passé toutes ces années à regarder Buffy se battre, c'est à chacune de reprendre le flambeau. Le pouvoir ne vaut que partagé.

    Cependant BTVS n'est pas une série « anti-hommes » : Angel, Spike, Giles et Alex jouent un rôle prépondérant à la fois dans la vie personnelle de la Tueuse et dans la lutte contre les forces du Mal. Spike et Alex ont même sauvé le monde plusieurs fois ! En effet, le féminisme de la série consiste moins à dénoncer le machisme et/ou le sexisme qu'à présenter un modèle, jusque là inédit, d'héroïne forte et non subordonnée à un homme (à l'inverse des Drôles de dames, par exemple). Ce sera même le contraire pour Giles, le réservoir de mémoire du groupe, la figure compréhensive d'un père prodigue, qui, pour contenir la fougue d'une Willow en proie à une peine abyssale, devra être capable "d'emprunter" les pouvoirs conjugués d'un réseau féminin.

    À cet égard Buffy a ouvert la voie à tout un courant de séries et de films, parmi lesquels on peut ranger Alias et Kill Bill ou même Charmed, et c'est d'ailleurs l'un des grands mérites de la série que d'avoir changé radicalement l'image des héroïnes à la télévision comme au cinéma.

     

    La rédemption :

    Buffy est aux prises avec les Forces du Mal ; ses ennemis, vampires et démons sont présentés comme intrinsèquement mauvais : dépourvus d'âme. Pourtant, la série détourne constamment cette règle, en montrant bien des personnages faire des allers-retours entre le camp des gentils et celui des méchants. Il est ainsi possible de voir toutes les combinaisons de comportement : le vampire Angel deviendra définitivement héros dans sa propre série ; le vampire Spike devra cohabiter à son corps défendant avec les humains pendant plusieurs saisons ; le démon Anya s'adaptera plus volontiers ; tandis que des humains endosseront à leur tour le rôle de méchant : Faith, qui choisira de suivre le Maire dans la saison 3 ; le Maire lui-même, ainsi que les militaires de l'Initiative au cours de la saison 4, par volonté de pouvoir ; le trio (Warren, Jonathan, Andrew) grotesque de la saison 6, d'abord surtout par bêtise, ensuite de façon plus inquiétante ; Willow à la fin de cette saison, après une lente dérive, et un fort traumatisme ; le prêtre Caleb dans la saison 7, incarnation du fondamentalisme.

    Si certains personnages ne s'amendent pas (le Maire, l'Initiative, Warren, Caleb), pour d'autres au contraire, il y a un chemin vers la rédemption ; celle-ci passe parfois par un travail entrepris de bonne grâce (Willow), parfois est précédée d'un déni (Andrew), peu à peu surmonté ; ou, plus classiquement, par la prison pour Faith.

    Le dernier épisode de la série, qui voit la disparition des deux personnages, d'ex-démons Spike et Anya, laisse toutefois dubitatif sur la volonté des scénaristes de présenter une rédemption comme possible. Cependant, la réapparition de Spike dans la dernière saison d'Angel permet de relancer le thème de la rédemption, encore plus présente dans ce spin-off.

     

    Buffy contre l'imaginaire du Mal :

    Deux lignes traversent l'univers de Buffy : d'une part une séparation entre Bien et Mal, d'autre part celle entre Réel et Imaginaire. La première, on l'a déjà dit, est extrêmement poreuse et les personnages ne cessent de la franchir dans un sens où l'autre. Très vite d'ailleurs le statut de protectrice du Bien de Buffy sera mis en cause par sa relation amoureuse avec le vampire Angel qu'elle est censée combattre.

    La seconde est vraiment celle qui fait de Buffy une oeuvre à part dans le domaine des superhéros et du merveilleux. En effet, si la série se plaît à mêler dans sa narration l'épopée chevaleresque de l'héroïne et son quotidien le plus banal, elle cultive entre ces deux sphères une limite extrêmement forte. C'est dans le cadre de la mort que cette limite est particulièrement visible : si la Tueuse ne cesse de massacrer toutes sortes de monstres et de démons, il lui est strictement interdit de tuer des humains, pour aussi nuisibles que soient ces derniers. Par ailleurs, les personnages qui meurent dans le cadre de la magie et de l'épopée peuvent ressuciter, pas ceux qui meurent comme des humains "normaux". Le jeu entre ces deux lignes va constituer le coeur de la série, les humains basculant du côté maléfique comme Faith ou Warren lorsqu'ils oublient de distinguer l'imaginaire de la vie réelle, et qu'ils se laissent entraîner par leurs désirs et leurs fantasmes. Buffy elle-même menace plusieurs fois de franchir cette ligne, notamment lorsque dans la saison 2 elle s'emporte contre l'amant de sa mère.

    Aussi la série parle sans doute moins du Mal que de son Imaginaire : la Buffy des débuts, jolie blonde avec sa petite croix, protégeant les jeunes gens innocents de ces monstrueux prédateurs sexuels que sont les vampires, est la parfaite incarnation des valeurs puritaines (sur un ton évidemment très parodique). Elle se détache progressivement de ce cadre rigide, notamment dans la saison 4 où elle doit protéger cet univers démoniaque face à une organisation gouvernementale qui menace de l'anéantir, jusqu'à devenir dans la saison 6, elle-même une sorte de démon. L'entrée de Buffy dans l'âge adulte, consistera essentiellement à accepter le Mal comme partie intégrante de la vie et non plus seulement comme un absolu clairement identifiable qu'on peut rejeter.

    La série apparaît ainsi comme la critique à la fois d'un certain imaginaire, celui de la religion qui a contaminé le genre fantastique, mais également de la tendance qu'a l'Amérique à confondre l'imaginaire et le réel. D'où le combat dans la saison 7, contre le prêtre Caleb, image d'une société réactionnaire étroitement accrochée à ses valeurs religieuses dépassées.

    Diffusée en pleine lutte contre l'Axe du Mal (la saison 6, la plus sombre, correspondant ainsi au deuil des événements du 11 septembre) Buffy trouve donc une résonance bien plus politique qu'il n'y paraît.

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    Dernière mise à jour de cette rubrique le 07/08/2008

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